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CONSCIENCE CONGOLAISE 
 
 
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LE MENTAL CONGOLAIS

LE MENTAL CONGOLAIS (deuxième partie) 
 
 
Le peuple congolais doit nécessairement banir la peur dans son mental s’il veut influencer le cours de l’histoire de son pays. Depuis 1885 la peur a toujours été la seule prison dans laquelle les Congolais ont été retenus car seule la peur est la prison qui puisse contenir tout un peuple. Et pour y arriver les oppresseurs du congolais recours à toutes les méthodes ; terreur, emprisonnement, assassinat, licenciement, … 
Du roi Léopold II en passant par les colonisateurs belges jusqu’aux dirigeants congolais eux-mêmes, tout a été soigneusement élaboré pour couvrir l’esprit du congolais d’un manteau de peur car partout au monde ce que les tyrans, les oppresseurs ou les dictateurs attendent et exigent de leurs peuples c’est le silence. C’est sous ce silence que tous les crimes odieux et les actes inhumains sont tranquillement commis. C’est ainsi qu’on est parvenu à faire de la peur une seconde nature des opprimés.les tyrans, les oppresseurs et les dictateurs apprécient le silence du peuple plus que tout autre chose car ils savent plus que quiconque que quand un peuple parle librement, l’écho de sa voix brise toutes les toiles d’intérêts tissées contre l’intérêt général. 
C’est pourquoi celui qui opprime un peuple est toujours le premier a financer les loisirs, la distraction et le divertissement de ce peuple. Des sommes collossales sont de fois dépensées pour des raisons qui n’édifient en rien le peuple. Le but poursuivi dans tout cela c’est celui d’acheter le silence du peuple.ce silence est d’or.c’est dans les grands silences qu’on érige les plus grandes dictatures sous lesquelles se commettent les actes les plus odieux. 
Et pourtant devant l’oppression, l’injustice, les meurtres, les arrestations arbitraires et tant d’autres maux garder silence c’est laisser passer une occasion noble pour laquelle l’histoire vous sera toujours reconnaissante. Se taire, c’est jeter soi-même les bases de tous ces maux. 
Il ya lieu à apprendre aux congolais à parler, à dénoncer l’injustice, à se dresser contre la violation de ses droits les plus fondamentaux 
C’est quand on apprendra à nos enfants à ne plus avoir peur devant l’injustice,devant l’oppression, devant les repressions que l’on fera d’eux une génération de ceux qui peuvent changer le cours de l’histoire du Congo.Ainsi, s’ils assimilent facilement cette leçon comme ils le font pour les pas de danse que chaque congolais esquisse avec élégance, le pari sera gagné, on aura déclenché une réaction en chaîne dont l’effet sera celui de maintenir le cap dans la préservation des intérêts supérieurs du pays. 
Le Congo a besoin de cette génération de dirigeants qui appliquent la loi sur sa propre tête avant de le faire sur la tête des autres.C’est cette génération qui sera à mesure de mettre fin à l’injustice et à l’impunité qui s’érigent en normes courantes dans la société congolaise où quand on est un « ndeko ya » , on est pratiquement intouchable. 
Nous continuons à vivre, comme d’ailleurs dans la plupart des pays qui ne profitent pas de la lumière de la démocratie, dans un environnement où les institutions prennent la forme des hommes qui les occupent et les animent de telle sorte que ces institutions réflètent fidèlement les sentiments, les émotions et les passions de leurs animateurs. Dans le mental congolais l’institution c’est l’homme qui l’anime. Et pourtant il ne doit pas en être ainsi.le congolais doit savoir que l’homme passe et l’institution demeure. 
 
Si l’on veut que l’opinion publique constitue le garde fou du monde politique et du bon fonctionnement des institutions publiques comme dans les nations démocratiques, il faut apprendre au congolais à parler, à se départir de la peur. Qu’il n’est pas rare d’entendre quelqu’un dire « bakokanga yo ! » , tout simplement parce qu’on a exprimé librement son opinion. Cette psychose généralisée doit disparaître car elle avilit le peuple. 
 
La résolution de l’équation démocratique et multiforme dans laquelle est plongée la RDC passe par l’extirpation de la peur du mental congolais.le congolais a peur même de réclamer ses droits les plus fondamentaux. Il faut que le congolais cesse de dire « tokosala boni » pour dire « esengeli to sala eloko moko ! » c’est quand le congolais sera prêt à « faire quelque chose » que « quelque chose » aussi se fera ! Aucun développement n’est envisageable pour le Congo aussi longtemps que le Congolais continue à dire « bayokana,babongisa mboka, batalela biso likambo oyo,… ». Toutes ces expressions traduisent bien l’écart qui sépare le peuple congolais de ceux qui le dirigent. Le peuple congolais doit s’impliquer corps et âme dans tout ce qui touche à l’avenir de la RDC. Cette implication passe une culture démocratique que nous n’avons pas jusqu’au jour d’aujourd’hui. 
Nous devons apprendre à nous sentir plus congolais que kasaien, katangais,mukongo,kivutien,… 
Une simple analyse indique que un katangais se sent plus katangais que congolais, un kasaien se sent plus kasaien que congolais, un mukongo se sent plus mukongo que congolais ,un kivutien se sent plus kivutien que congolais et ainsi de suite.ce qui est très dangereux. 
Cet état de chose aboutit enfin de compte au fait que l’éthnie passe avant la Nation. 
Chaque pouvoir qui arrive sert de pont à ceux de sa tribu ou de son éthnie, chaque Ministre qu’on nomme constitue un cabinet tribal, chaque PDG ne rétient que les dossiers de ses frères de la même éthnie, … 
L’éthnie, la tribu et même la province continuent encore à peser lourd à tous les niveaux de la vie nationale ; au sommet de l’Etat, dans les institutions publiques, au sein des institutions privées, lors des mariages et mêmes à travers les institutions religieuses. 
Force est de constater que dans l’histoire de la RDC, les rébellions, les sessessions et les génocides commencent toujours dans la province d’origine des leaders de ces mouvements. 
On a toujours cette facilité à convaincre ses frères de la même éthnie, de la même tribu ou de la même province souvent pour des causes qui vont à l’encontre de l’intérêt national. 
L’appartenance à la même éthnie, à la même tribu ou à la même province efface la raison, atténue l’esprit critique et anéantit l’objectivité. 
Le renforcement des considérations éthniques est aussi dû quelque part à la manière dont nos pièces d’identité sont conçues. Tous les détails qu’on y inscrit(secteur d’origine,territoire d’origine, district d’origine, province d’origine,…) sont importants sur le plan administratif 
(identification), mais au-délà de cet aspect, il faut aussi appréhender l’impact psychologique 
que cela crée partout où ces pièces sont présentées.Dans un pays où les guerres tribales et les affrontements éthniques sont courants tous ces détails exposent leurs détenteurs au mépris, à la vengeance et même à l’injustice. 
 
Quand on veut voir le Congo changer, il faut changer le Congolais et le changement du Congolais passe par le changement du mental Congolais.Ce changement ne peut être opéré que par ceux dont la mentalité a changé. Ceux-là peuvent diriger le Congo et l’amener au bien être communautaire et à la transformation intégrale de la société Congolaise. 
R.Y.  
 
 
 
STATISTIQUES GLOBALES DES CHAINES DE TELEVISION DE KINSHASA  
pourcentage du temps mis à la télé 
Film 12  
Info 5  
Documentaire 4  
Dessin animé 2  
Sport 14  
Théâtre 15  
Musique 10  
Emissionsculturelles 2  
Emissions scientifiques 2  
émissions chrétiennes 7  
Emission musicale 12  
Débat politique 7  
Publicité 8  
 
 
liste des chaines analysées 
Amen tv  
Antenne A 
Canal kin tv 
Cebs 
Cftv 
Cmb 
Horizon 33 
Ntv 
Raga tv 
Ratelki  
Rtae 
Rtga 
Rtk 
Rtmv  
Rtnc 2 
Rtp 
Rtrnc 1 
Rts 
Rtva  
Sango malamu 
Tkm  
Tropicana tv 
 
“ Dis –moi ce que dit la presse de ton pays, je te dirais de quelle société tu es”, plutot “dis-moi de quelle société tu es je te dirais ce que dit la presse de ton pays ”. Qui dit mieux ?  
Le mental collectif est d’une valeur capitale dans la transformation qu’on peut attendre dans une société. 
La République Démocratique du Congo est l’un des rares pays africains où il ya une ribambelle de chaines de télévision et où la liberté de presse commence à renforcer ses racines. Force est de constater que c’est “une potentialité médiatique ” rare en afrique. Seulement il est déplorable aussi de constater que cette richesse, n’est pas impliquée dans la logique d’une dynamique sociale pouvant aboutir à une prise de conscience collective et effective de la société congolaise. La valeur d’une presse passe aussi par sa capacité à faciliter l’assimilation des valeurs nobles et à déclencher une prise de conscience générale au sein d’une société. Mieux, la presse c’est la torche sociale qui éclaire le chemin emprunté par toute la communauté.  
Hélas cela n’est pas le cas au Congo démocratique ! En effet nos chaines de télévision ne répondent pas au besoin social congolais qui est celui de faire du congolais maitre de son destin. Cette approche ne doit jamais être assimilée à un geste politique, c’est plutôt un réveil de l’homme congolais par rapport à son passé, au présent qu’il vit, à l’avenir qu’il doit se construire et au monde qui l’entoure. Le prototype des émissions diffusées sur nos chaines de télévision est en déphasage total avec les besoins collectifs du peuple. Un seul exemple typique, plus de la moitié de la population congolaise est analphabète mais on ne trouve pas au Congo une seule chaine de télévision ayant pour particularité l’alphabétisation à distance ou la “télé-aphabétisation ”. A la place c’est la musique, le théatre et les films occidentaux à profusion. C’est peut être la raison pour laquelle nous vivons collectivement comme dans un grand théatre où le sérieux n’est retrouvé qu’à la fin de la scène.  
Raisonnons un peu, si à la place de tant de théâtre, de musique et des téléfilms nos chaines de télévision diffusaient des programmes d’alphabétisation, d’initiation aux métiers manuels, d’agriculture, de santé primaire, … n’est-ce pas qu’on aurait un nombre réduit d’analphabètes, de jeunes sans aucune aptitude, des maladies …et le résultat sur le plan social en serait épatant ? 
C’est ici où nos chaines peuvent innover en instituant des télé-écoles, des télé-consultations médicales répondant particulièrement à nos besoins.  
Entre la presse, notamment la télévision et l’opinion du peuple il existe toujours une intimité particulière. Il n’est pas du tout faux à notre époque d’affirmer que c’est la presse qui engendre l’opinion publique car celle-ci se conçoit par la manière dont la presse lui fournit l’information. 
La presse est toute suffisante pour lever le peuple comme un seul homme afin d’atteindre les objectifs les plus élevés. 
N’a-t-on pas constaté que l’homme politique occidental ne pose aucune action sans au préalable s’être forgé une opinion publique suffisante pour sa cause ? 
L’analyse de nos chaines de télévison indique qu’au moins 65 pourcent des programmes émis est constitué de divertissements. La question fondamentale que nous devons nous poser est celle de savoir si aujourd’hui le peuple congolais dans les conditions où il se trouve a vraiment besoin d’être savamment et continuellement distrait ? Pourquoi distraire un peuple dont plus du quart des ménages vivent sans électricité pendant que son pays dispose d’un barrage ayant l’une des plus grandes potentialités au monde ?  
Pourquoi obstinément distraire un peuple dont le pays dispose de plus de la moitié des réserves des forêts tropicales pendant que les jeunes écoliers congolais s’assoient à même le sol pour étudier ?  
Pourquoi distraire sans cesse un peuple dont plus de 80 pourcent vit avec moins d’un dollar par jour ? 
Pourquoi distraire machinalement un peuple pour qui on importe massivement des croupions qui viennent des milliers de kilomètres pendant que son pays dispose des prairies immenses où on peut pratiquer l’élévage des bétails ?  
 
Pourquoi distraire collectivement une société pour on importe des chinchards à des milliers de kilomètres pendant qu’il dispose d’un des lacs les plus piossonneux au monde ? 
 
pourquoi... et pourquoi encore ? 
 
Et le pic de la distraction est atteint lorsque du matin au soir on incite le peuple à s’enivrer à travers des spots publiciataires pendant que 90 pourcent des congolais sont au chômage réel ou déguisé. Qui trompe qui ? Qui veut quoi ? 
 
Si aux USA et ailleurs dans les pays développés, la plus part des programmes diffusés par les chaines de télévision sont constitués de divertissement, c’est tout simplement par ce qu’il ya nécessité de divertir un peuple stressé et où plus du trois quart de la population travail effectivement. Et chez nous ce genre de programme repond à quel besoin ? 
 
Voilà le moment venu où nous pouvons avoir la spécialisation des chaines par rapport à nos besoins ; une chaine pour l’agriculture, une chaine pour l’alphabétisation, une chaine pour la santé publique,… c’est dans ce sens que notre pouvons affirmer notre identité face à nous –mêmes d’abord et ensuite face aux autres car ceux –ci ne nous traiterons qu’en fonction de l’identité que présentons à la face du monde. 
“ Ce que l’autre pense de moi importe peu, mais ce qui importe plus, c’est ce que j’inspire l’autre à penser de moi ”. 
 
ROBERT YANDA  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 31.12.2003
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