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CONSCIENCE CONGOLAISE 
 
 
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SOCIETE

 
LA CONSCIENCE COLLECTIVE  
 
La République Démocratique du Congo vient d’entamer sa transition qui doit en principe prendre deux ans. La fin de la transition sera sanctionnée par l’organisation des élections qui, espérons –le , feront entrer notre grand pays dans le concert des nations réellement démocratiques. Mais il y a une crainte qui s’alourdit au fil du temps et dont les conséquences risquent d’être catastrophiques. En effet, la République Démocratique du Congo traverse une crise multidimensionnelle dont le pic est l’absence d’un leadership à même d’imprégner un mouvement neuf à ce grand navire qu’on appelle Congo. La République Démocratique du Congo dont le poids sur la scène internationale ne représente que l’ombre d’elle-même et dont la scène politique interne ressemble à un film sans véritable meneur a besoin d’une nouvelle génération de leader.  
 
Le salut du Congo passe par sa capacité à se doter d’une nouvelle classe de dirigeants suffisamment armés de valeurs morales et à mesure de se dépasser afin que chacun des actes posés soit une réponse aux aspirations profondes du peuple. Qu’il me soit permis de dire une chose qui peut paraître non fondé et même absurde aux yeux de certain mais dont la véracité est incontestable, c’est que même les élections démocratiques ne peuvent pas sauver le Congo. 
 
Pourquoi puis-je affirmer que même les élections démocratiques ne peuvent pas sauver le Congo ? Nous devons être sincères avec nous-mêmes pour reconnaître qu’une bonne partie d’entre-nous Congolais n’est pas à mesure de dépasser les pesanteurs tribales et ethniques pour exprimer un choix qui profite plus à la nation qu’à la tribu, au clan ou à l’ethnie.  
Le culte aveugle de la personnalité coule encore dans nos veines, cela n’est qu’une conséquence culturelle et un résultat d’un peuple clochardisé. En vérité plus de trente ans de dictature au cours desquelles des générations entières ont vu leurs êtres imbibés de mobutisme et leurs raisonnements désorientés ne peuvent s’effacer de la mémoire collective d’un seul coup. Il faut non seulement du temps mais aussi des hommes à même de le faire. 
 
Combien de fois n’a –t- on pas vu des Congolais esquisser des pas de danses pour ceux qui ont enterré des Congolais vivants, combien de fois n’a -t- on pas regardé des Congolaises étendre leurs pagnes pour que ceux qui ont consommé crue la chaire des Congolais puissent marcher dessus, combien de fois n’a-t-on pas entendu des Congolais chanter pour ceux qui bloquent leurs salaires pendant que des folles dépenses sont effectuées couramment, combien de fois… et combien de fois encore…  
 
L’attitude du peuple Congolais qui consiste à marier n’importe quelle cause pourvu que cela vienne de quelqu’un du même clan, de la même tribu ou de la même ethnie fausse la donne du jeu politique d’autant plus que les dirigeants ont une liberté d’action sans garde-fou alors que l’opinion publique aurait dû en être un. Nous devons, me semble –t- il, redéfinir la démocratie à notre manière, elle ne doit plus être l’expression d’un choix libre mais aussi d’un choix moral. C’est à ce niveau que nous pouvons positivement nous démarquer de la démocratie occidentale qui commence à prendre une courbure dangereuse en admettant tout ou presque, au nom de la liberté.  
 
Nous ne devons pas nous demander l’état d’âme du Congolais qui caresse la main du bourreau qui porte encore frais le sang de victimes Congolaises mais par contre nous devons d’abord constater l’inexistence d’un leadership dynamique et dans lequel le peuple se retrouve pour qu’il éclaire le chemin combien ténébreux qui est devant nous. La nouveauté de ce leadership n’est pas dans le nombre d’accords qu’on conclue avec le pouvoir afin d’avoir une plage d’autorité ou dans la force des alliances passées avec les rebelles,mais la nouveauté est dans la capacité à incarner et incruster dans le mental collectif un ensemble de valeurs qui peuvent aider à jeter les bases d’une démocratie dont les soubassements sont la liberté et les valeurs morales.  
 
S’il vous plaît, sauver le Congo ce n’est pas organiser des élections démocratiques, loin de là. Par contre sauver le Congo , c’est l’émergence d’un nouveau leadership dont la vie et les actes constituent un ouvrage vivant où le peuple Congolais peut s’inspirer avant de poser tout acte qui engage la nation. Ce raisonnement peut paraître dangereux mais l’histoire est là pour en démontrer le bien fondé. En effet, le garant de la démocratie dans un pays, c’est le peuple lui-même , ce n’est pas un individu , un groupe d’individus ou même la communauté internationale. 
 
Les fondements de cette démocratie ne peuvent résister aux secousses que quand le choix du peuple s’est porté sur des personnes qui peuvent ignorer leurs tribus et se passer de leur clan pour ne considérer que l’intérêt suprême de la communauté. Or , force est de constater que la tribu , le clan et l’ethnie constituent un champ magnétique si puissant que même les intellectuels ne sont pas à mesure d’y échapper avec la lumière de la raison dont ils peuvent se vanter. La conséquence cartésienne de cette logique c’est que le peuple Congolais va se choisir des leaders en fonction du “ cordons tribal ” qui lie chacun à son candidat et au bout du compte , la classe politique ne sera constituée que des leaders dont l’unité de mesure n’est pas la satisfaction des intérêts généraux. C’est en cela que j’affirme que ce ne sont pas les élections qui peuvent sauver ou changer le Congo. Le choix fait sur base du “ cordon tribal ” amènera la tribalisation et la confiscation du pouvoir ainsi que la gabegie financière au profit de la tribu. Ce qui créera certainement des frustrations qui à la longue pourront pousser d’autres à la rébellion. Et ainsi le cercle vicieux sera établit.  
 
Au- delà de l’équation ethnico- tribale qui demeure insoluble pour la réalisation d’une véritable démocratie répondant aux besoins congolais, le jeu démocratique est aussi faussé par la pauvreté criante des congolais. Quand les statistiques indiquent que plus de 80 pour-cent des congolais vivent avec moins de 1 dollar par jour, quelle liberté mentale peut –on accorder à une telle personne afin de réaliser un choix objectif, morale et utile à toute la société pendant que la bourgeoisie comprador a déjà lancé des hameçons au bout desquels pendent quelques billets de franc congolais et qui certainement, seront mordus ? 
 
Il nous faudrait comprendre que la démocratie, la véritable alors, n’est pas seulement une question d’élections libres et transparentes. L’économie joue un rôle primordial dans l’exercice démocratique car , autant on ne peut parler de démocratie là où on contraint les électeurs à voter pour tel ou tel candidat et qu’il n’y a pas de liberté , autant on ne peut parler de démocratie là où le pouvoir économique du peuple est presque nul à tel point que le peuple est prêt à succomber devant toute sollicitation. La démocratie qu’on nous impose, nous autres pays africains, c’est une démocratie dont les résultats sont déjà connus d’avance. Que la communauté internationale ne calme pas sa conscience en déléguant quelques observateurs afin de garantir le bon déroulement des élections, Aussi elle doit s’assurer de la suffisance du pouvoir économique du peuple. Cet aspect , le moins considéré , est aussi important. Oui la faiblesse du pouvoir d’achat peut atteindre un seuil où il devient concrètement une absence de liberté et dans ces conditions on ne peut prétendre établir une véritable démocratie. Que la communauté internationale sache qu’il n’y a pas que la liberté de mouvement qui compte, la misère a atteint un degré si haut que même la liberté économique est un facteur à prendre en compte. Autrement dit la République Démocratique Congo , en particulier , et les pays africains en général ont besoin d’une double liberté ; liberté physique et liberté économique. Les deux libertés réunies constituent les ailes de la démocratie. La seule liberté de mouvement qu’ obtient difficilement lors des élections dans nos pays africains ne peut propulser nos Etats vers les horizons démocratiques. Aussi longtemps qu’il n’y aura pas de liberté économique le peuple ne pourra jamais être l’unique garant de la démocratie. 
 
La conscience du peuple est encore au niveau de l’eau d’un ruisseau à laquelle on a toute la facilité d’imposer une direction , bonne ou mauvaise , l’eau empruntera le chemin. c’est ainsi que l’on voit la population chanter et danser pour ceux qui ont mis le Congo à feu et à sang pourvu qu’il perçoive un polo ou quelques billets . Mais lorsque cette conscience en arrive au niveau de l’eau de l’océan , aucun individu ne peut lui imposer une quelconque direction , c’est plutôt lui qui imprime son mouvement. C’est à ce niveau que le peuple devient le véritable garant de la démocratie. A ce niveau ni la communauté internationale, ni les pays voisins , ni un groupement donné ne peut se donner le luxe d’imposer une orientation quelconque à la nation. Comment le peuple peut-il atteindre ce niveau ? c’est avec l’émergence d’un nouveau leadership. Il y a des individus qui sont porteurs d’une lumière destinée à éclairer la communauté et à réduire à néant les zones d’ombres qui tiennent toujours captif le mental collectif Congolais. Pour la République Sud - Africaine il a fallu un Mandela , pour les Etats –Unis il a fallu un Georges Washington , pour le Congo il y a eu Lumumba dont la courte durée de vie ne lui a pas permis d’élever suffisamment la conscience collective afin de la faire échapper à la pesanteur des forces négatives dominant le raisonnement communautaire du Congo. En effet le plus grand mal que le système mobutien ait commis au congo , ce ne sont pas les milliards qu’il a détournés et placés dans des banques étrangères , ni les innombrables victimes de son régime mais c’est l’anéantissement de la conscience collective. Ce qui a pour conséquence l’inefficacité de l’implication pratique du peuple dans le jeu démocratique et la perte du sens de révendication à tous les niveaux sociaux. 
 
D’où la nécessité de conscientiser le peuple , d’élever le niveau de la conscience collective car c’est elle la ceinture de sécurité de toute démocratie. Mais en attendant, on ne peut laisser une liberté maximale à ceux qui dirigent aujourd’hui. Il ya lieu d’élaborer un mécanisme permettant à ceux qui sont au pouvoir de ne pas ignorer les aspirations profondes du peuple. 
Le mécanisme dont question est le suivant ; au mandat de chaque dirigeant politique est lié une obligation de résultat. Lorsque cette obligation n’est pas remplie à la fin du mandat , le dirigeant politique n’a plus le droit de se représenter pour avoir un nouveau mandat à ce même poste. 
Les obligations sont liées ; à la réduction du chômage, au renforcement du pouvoir d’achat du peuple, à la réduction du taux d’analphabétisme, à l’augmentation du taux d’accessibilité aux soins publics, … Ces obligations sont concrètes et mathématiques afin d’éviter tout mal entendu. De la sorte c’est la satisfaction à ces aspirations sociales qui peut constituer une ligne rouge infranchissable par les hommes politiques. 
 
C’est dans cet élan que le peuple pourra comprendre que c’est de lui que doivent provenir les principes directeurs qui gérent la societé pour son bien –être. Et une fois qu’il a compris cela lui-même sera prêt à s’affirmer et à défendre son devenir.  
 
ROBERT YANDA 
 
 
 
 
 
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Modifié en dernier lieu le 6.11.2004
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